Je ne pourrais poursuivre sans un retour en Enfer, et sans me referer au bref Sur Dante de Witold Gombrowicz. Justes, ses remarques, qui auraient pu etre celles de Cavalcanti.
De prime abord, j'avais garde en tete comme si c'etait l'essentiel des critiques de W.G., que je lisais comme des observations "entre ecrivains" (meme d'un siecle a un autre), un paragraphe que je vais transcrire :
"En fait le Mai absolu doit etre "mauvais" dans son etre egalement. Le Mai voulant le mal et uniquement le mal ne saurait se realiser "bien",
c'est a dire pleinement. L'homme "mauvais" commet un acte mauvais - tuer son voisin, par exemple mais, pour lui, ce mal est un bien; il ne le commet pas du tout parce que c'est mal, mais parce que pour lui, c'est bien, ga l'arrange bien... et il veut le faire "bien", non pas mal. C'est un homme comme tout le monde, il cherche le bien; la seule difference, c'est que ce "bien", il le voit dans le crime... Mais Satan ? Satan veut le mal, uniquement le mal, il ne saurait vouloir le bien: aussi bien, a tant qu'etre Satan, il veut l'etre "mal". L'Enfer est chose mal realisee. Il est vicie dans son etre meme. Il est de pacotille."
Mais cela n'explique pas la perfection infemale. Cela venait, lu en surface, juste flatter mon mepris des classiques, me faire rigoler. La justesse definitive et le corollaire de ce que disait la Gombrowicz m'echappaient, je n'avais pas simplement en jeune artiste besoin d'aller plus loin... Presentement je tombe sur d'autres remarques dans ce petit essai qui renouent avec les intentions inaugurales de ma redaction, et sur lesquelles je vais pouvoir rebondir; je cite :
"Et voila que lui, il ecrit sur la porte de l'Enfer :
Jefus cree par le Supreme Amour
Comment expliquer cela sinon qu'il ecrit par peur ou par bassesse... par la plus lache des flatteries ? Terrorise et tremblant d'horreur, il en vient a rendre l'hommage supreme a la supreme terreur, en baptisant Supreme Amour le comble de la cruaute. Jamais le terme d'" Amour" n'aurait ete employe avec une impudence aussi paradoxale. Nul mot en langue humaine n'aura ete applique de maniere plus effrontement perverse. Et ce nom est precisement le nom le plus sacre, le plus cheri entre tous. Il nous tombe des mains, le livre de la honte, et nos levres meurtries murmurent : il n'avait pas le droit."
Botticelli est cense, selon l'elogieuse edition de Diane de Selliers, avoir mieux reussi, soit avoir atteint le sublime, avec ses dessins les plus depouilles, ceux du Paradis. Ouais, presque du Rothko, c'est top... Mais il y a plus de travail et plus de planches en cours de finition pour
l'Enfer (comme chez William Blake d'ailleurs...), voire des planches colories. Revenons done a Florence, a Cavalcanti, a Pound, a la litterature en anglais si vous voulez...
Mais d'abord Cavalcanti vu par un poete espagnol appartenant au petit groupe des "venitiens"...
A CAVALCANTI
"Per ch'i no spero per ch'i no spero di tomar, per ch'i no spero di tomar giamaix" .
Guido Cavalcanti
Espero que nos hagas la historia de todos los olvidos del olvido de mi frente en la marea de la copa donde un cielo diminuto se ashxia en la marea cruel de la cerveza do yace el hombre
como un invierno muerto entre la yedra, entre la hiedra cruel de la memoria.
Ayudame a veneer a los pajaros que persiguen al hombre.
Todo vendra tan silenciosamente en el viento como un arbol que en la pagina arde.
Leopoldo Maria Panero, Guarida del animal que no existe (1998)
Laissez moi traduire ainsi :
"Parce que je n'espere
parce que je n'espere revenir
parce que je n'espere revenir jamais"
GC
J'espere que tu nous feras l'histoire de tous les oublis de l'oubli de mon front dans la hale de ma coupe ou vient s'asphyxier un ciel derisoire a la hale cruelle de la biere ou git 1'homme
tel un hiver mort d'avec le lierre, d'avec le lierre cruel de la memoire.
Aide-moi a vaincre les oiseaux qui persecutent 1'homme.
Tout viendra si silencieusement l'hiver tel un arbre qui flambe au fond de la page.
LMP (1998)
Les petites professeurs italiennes, frangaises, americaines (les espagnoles s'en foutent, Dieu merci) hallucinent avec la splendide opportunity qui est foumie par l'Enfer de Dante de ne voir que des hommes nus se faire enculer, tordre, mordre, bouillir... avec la distinction de leurs etudes et de leur regime de retraite mondaine d'ecrivains virtuelles... Dante annonce deja la hale repressive et le retour de baton du feminisme procedurier.
Est-ce que les femmes sont vraiment pour le divorce ? Pour l'avortement je n'ai pas le moindre doute... mais pour le divorce ?
Au Ciel Beatrice, soit Madame la Marquise, et en Enfer les cochoncetes masculines, le passe, les microbes... et qu'ils sont emouvants, ces microbes. La psychologue de la clinique, pendant qu'elle prenait un cafe devant moi et que je bavais du sang sur sa table de luxe, me conseillait de "deconstruire V institution", pour avoir une chance de sortir de l'hopital. Ah, non, mais quel luxe, je peux meme me faire expliquer la philosophic frangaise... si j 'arrive a la
comprendre, parce que sinon, retour a la case depart... Et ga veut dire tellement de choses "depart"...
Rien qui ne siege plus parfaitement a la definition pejorative du "patriarcat" que le "matriarcat", le premier et tete de tout autre sy steme... le matriarcat m'a toujours fait fantasmer, puisqu'il n'a lieu que dans le masochisme. La lectrice de l'Enfer est en confiance avec Dante et Virgile, deux mecs et virils et chastes, disons tout-court des impuissants, testicules obstrues. Jeu merveilleux de jupettes de gladiateur. Ouais, l'Enfer, c'est beaucoup mieux, nous avons lu ensemble le Paradis juste en ouvre-bouche. Evidemment le Purgatoire les femmes que j'ai connu, toutes font la meme chose, 5 a n'existe pas, on zappe.
Le Matriarcat de l'Eglise, celui de la Medecine...
Preuve premiere
Le Dracula de B . Stoker, encore :
DR SEWARD'S DIARY
5 June. - The case of Renfield grows more interesting the more I get to understand the man. He has certain qualities very largely developed : selfishness, secrecy, and purpose. I wish I could get at what is the object of the latter. He seems to have some settled scheme of his own. but what it is I do not yet know. His redeeming quality is a love of animals, though, indeed, he has such curious turns in it that I sometimes imagine he is only abnormally cruel. His pets are of odd sorts, (pensons a la plasticite - destructrice ? - des mises en abime dantesques) Just now his hobby is catching hies, (nous sommes ramenes au "hobby horse" d'un autre roman, le Tristram Shandy) He has at present such a quantity that I have had myself to expostulate.
(...)
Preuve seconde
The Naked Lunch, de W. Burroughs :
"The case of a female agent who forgot her real identity and merged with her cover story - she is still a fricteuse in Annexia - put me in another gimmick. An agent is trained to deny his agent identity by asserting his cover story. So why not use psychic jiu-jitsu and go along with him? Suggest that his cover story is his identity and that he has no other. His agent identity becomes unconscious, that is, out of his control; and you can dig it with drugs and hypnosis. You can make a square heterosex queer with this angle... that is, reinforce and second his rejection of normally latent homosexual trends - at the same time depriving him from cunt and subjecting him to homosex stimulation. (...) Many subjects are vulnerable to sexual humiliation. Nackedness, stimulation with aphrodisiacs, constant supervision to embarrass subject and prevent relief of masturbation (erections during sleep automatically turn on an enormous vibrating electric buzzer that throws the subject out of bed into cold water, thus reducing the incidence of wet dreams to a minimum) . Kicks to hypnotize a priest and tell him he is about to consummate the union with the Lamb - then steer a randy old sheep up his ass."
Bah, bah, je n'ai pas ecrit le paragraphe precedent...
Je n'ai pas parle de psychanalyse la-dedans... "compulsive free- association in two hours sessions"... du terre a terre, de la bouteille...
Alors, mon cher Botticelli, d'ou vient ce changement ? Toi qui as peint Venus nue et puis tu l'as faite habillee ? Tu te souviens de Goya et les deux Majas (" vestida " et " desnuda ") dont on dit qu'elles sont d'apres pose de la Duchesse d'Alba ? II n'est pas devenu chretien, l'espagnol, ni lui, ni Picasso. Pourquoi tu passes aux rangs de la chretiente, toi et plus tard le camarade japonais de l'Ecole de Paris, notre cher Foujita ? Je te connais, mon vieux, tu n'as pas change. Tu restes un des notres... Beatrice dans tes planches est une autre Venus, une autre Simonetta Vespucci (la petite cochonne)... frigide, tu dis ? ga doit f arranger, a
ton age... Tu dessines, tu dessines des projets megalomanes pour empecher le Reel, meme topo qu'avant... tu n'as pas change.
Je peux fournir une troisieme preuve ? Si deja Naked Lunch l'on se doit de l'avoir a l'etagere, mais surtout pas rentrer dedans ou en raconter la fin, la fin, la finesse de l'histoire... alors, le livre suivant est labelle en France, "a consommer avec moderation", sinon "etes vous sur de vouloir avoir ce livre ? » (litteralement depuis plusieurs vendeurs consultes oralement et par courrier). Mais il faut parler de l'Enfer, n'est-ce pas ?
Troisieme preuve
Shivitti, a vision, de Ka-Tzetnik 135633 :
THE DOCTOR’S WORD
"...(Yehiel De-Nur) gives us an impressive description, on a conscious as well as an unconscious level, of the mind of a man who narrowly escaped death at Auschwitz. (...) Yehiel De-Nur did not want to undergo this treatment, wich he feared greatly (...) I make it clear to my patients that the treatment I offer involves reliving the inferno of their trauma (...) difference:this time they will not go it alone in hell.
(si l'on prend compte que, dans ce livre, la Medecine, qu'on comparait (ailleurs) au Matriarcat de l'Eglise, n'est pas "tres catholique", le traitement consistant a injecter du LSD pendant les seances, la question reste tres proche de la "vie future" pour laquelle je mettais l'accent sur l'ideologie thomiste de la Divine Comedie... et surtout la fonction de Virgile, le guide... on continue...)
"In words that could not be improved, Ka-Tzetnik 135633 has descrived his existence in hell - in that near-death proximity to Satan, but also to God. He does not systematically quote all the conversations recorded on the tapes he took away with him, but with great skill conveys their essence in word and image, and in a way so expressive
and imaginative that the reader must realize what this human beeing experienced during the death-years (...) How touching that moment when, ten years later, concluding his self-treatment with the writting of this book, he phoned his wife two oceans away crying, "Nike, it's happened. It's happened, Nike."
Bref... CQFD en egard de Virgile, puisqu'il est seconde d'une Beatrice... sa jeune femme et traductrice du manuscrit hebreux en best-seller anglo- saxon... mais il faudrait mieux se pencher sur les deplacements operes entre la "vie future" en entonnoir moyen-ageux et les romans sur Auschwitz de Ka-Tzetnik, depuis Salamandre - pour laquelle je peux pas dire, puisque je ne l'ai pas trouvee -, en passant par les Feld-Hure de House of Dolls, l'horreur extreme de Moni, les pensees et souvenirs (ainsi que les faits horribles) de Sunrise over Hell, jusqu'au livre proprement conclusif et therapeutique, mais aussi la plus haute "vision" qui nous rappelle notre sujet Dante, qui est contenue dans Shivitti. II semblerait que l'etalage d'hypotheses imagees n'est pas l'apanage de l'avenir d'outre-tombe, mais, par f intermediate du traumatique, concernent la prise de conscience sur l'Histoire elle-meme, dans sa consommation et sa "fin" a Auschwitz...
En tout cas, d'autres questions soulevees par les trois "preuves", je suis en train d'essayer de les decliner pendant que vous lisez ce "chapitre". Abien-tot, done...
Lundi 15 aout 2011
RépondreSupprimerJe ne pourrais poursuivre sans un retour en Enfer, et sans me referer au
bref Sur Dante de Witold Gombrowicz. Justes, ses remarques, qui
auraient pu etre celles de Cavalcanti.
De prime abord, j'avais garde en tete comme si c'etait l'essentiel des
critiques de W.G., que je lisais comme des observations "entre
ecrivains" (meme d'un siecle a un autre), un paragraphe que je vais
transcrire :
"En fait le Mai absolu doit etre "mauvais" dans son etre egalement. Le
Mai voulant le mal et uniquement le mal ne saurait se realiser "bien",
c'est a dire pleinement. L'homme "mauvais" commet un acte mauvais
- tuer son voisin, par exemple mais, pour lui, ce mal est un bien; il
ne le commet pas du tout parce que c'est mal, mais parce que pour lui,
c'est bien, ga l'arrange bien... et il veut le faire "bien", non pas mal.
C'est un homme comme tout le monde, il cherche le bien; la seule
difference, c'est que ce "bien", il le voit dans le crime... Mais Satan ?
Satan veut le mal, uniquement le mal, il ne saurait vouloir le bien:
aussi bien, a tant qu'etre Satan, il veut l'etre "mal". L'Enfer est chose
mal realisee. Il est vicie dans son etre meme. Il est de pacotille."
Mais cela n'explique pas la perfection infemale. Cela venait, lu en
surface, juste flatter mon mepris des classiques, me faire rigoler. La
justesse definitive et le corollaire de ce que disait la Gombrowicz
m'echappaient, je n'avais pas simplement en jeune artiste besoin d'aller
plus loin... Presentement je tombe sur d'autres remarques dans ce petit
essai qui renouent avec les intentions inaugurales de ma redaction, et
sur lesquelles je vais pouvoir rebondir; je cite :
"Et voila que lui, il ecrit sur la porte de l'Enfer :
Jefus cree par le Supreme Amour
Comment expliquer cela sinon qu'il ecrit par peur ou par bassesse...
par la plus lache des flatteries ? Terrorise et tremblant d'horreur, il en
vient a rendre l'hommage supreme a la supreme terreur, en baptisant
Supreme Amour le comble de la cruaute. Jamais le terme d'" Amour"
n'aurait ete employe avec une impudence aussi paradoxale. Nul mot
en langue humaine n'aura ete applique de maniere plus effrontement
perverse. Et ce nom est precisement le nom le plus sacre, le plus cheri
entre tous. Il nous tombe des mains, le livre de la honte, et nos levres
meurtries murmurent : il n'avait pas le droit."
Botticelli est cense, selon l'elogieuse edition de Diane de Selliers,
avoir mieux reussi, soit avoir atteint le sublime, avec ses dessins les
plus depouilles, ceux du Paradis. Ouais, presque du Rothko, c'est top...
Mais il y a plus de travail et plus de planches en cours de finition pour
l'Enfer (comme chez William Blake d'ailleurs...), voire des planches
colories. Revenons done a Florence, a Cavalcanti, a Pound, a la
litterature en anglais si vous voulez...
Mais d'abord Cavalcanti vu par un poete espagnol appartenant au petit
RépondreSupprimergroupe des "venitiens"...
A CAVALCANTI
"Per ch'i no spero
per ch'i no spero di tomar,
per ch'i no spero di tomar giamaix" .
Guido Cavalcanti
Espero que nos hagas la historia de todos los olvidos
del olvido de mi frente en la marea de la copa
donde un cielo diminuto se ashxia
en la marea cruel de la cerveza
do yace el hombre
como un invierno muerto entre la yedra,
entre la hiedra cruel de la memoria.
Ayudame a veneer a los pajaros que
persiguen al hombre.
Todo vendra tan silenciosamente en el viento
como un arbol que en la pagina arde.
Leopoldo Maria Panero, Guarida del animal que no existe (1998)
Laissez moi traduire ainsi :
"Parce que je n'espere
parce que je n'espere revenir
parce que je n'espere revenir jamais"
GC
J'espere que tu nous feras l'histoire de tous les oublis
de l'oubli de mon front dans la hale de ma coupe
ou vient s'asphyxier un ciel derisoire
a la hale cruelle de la biere
ou git 1'homme
tel un hiver mort d'avec le lierre,
d'avec le lierre cruel de la memoire.
Aide-moi a vaincre les oiseaux qui
persecutent 1'homme.
Tout viendra si silencieusement l'hiver
tel un arbre qui flambe au fond de la page.
LMP (1998)
Les petites professeurs italiennes, frangaises, americaines (les
espagnoles s'en foutent, Dieu merci) hallucinent avec la splendide
opportunity qui est foumie par l'Enfer de Dante de ne voir que des
hommes nus se faire enculer, tordre, mordre, bouillir... avec la
distinction de leurs etudes et de leur regime de retraite mondaine
d'ecrivains virtuelles... Dante annonce deja la hale repressive et le
retour de baton du feminisme procedurier.
Est-ce que les femmes sont vraiment pour le divorce ? Pour
l'avortement je n'ai pas le moindre doute... mais pour le divorce ?
Au Ciel Beatrice, soit Madame la Marquise, et en Enfer les
cochoncetes masculines, le passe, les microbes... et qu'ils sont
emouvants, ces microbes. La psychologue de la clinique, pendant
qu'elle prenait un cafe devant moi et que je bavais du sang sur sa table
de luxe, me conseillait de "deconstruire V institution", pour avoir une
chance de sortir de l'hopital. Ah, non, mais quel luxe, je peux meme
me faire expliquer la philosophic frangaise... si j 'arrive a la
comprendre, parce que sinon, retour a la case depart... Et ga veut dire
tellement de choses "depart"...
Rien qui ne siege plus parfaitement a la definition pejorative du
RépondreSupprimer"patriarcat" que le "matriarcat", le premier et tete de tout autre
sy steme... le matriarcat m'a toujours fait fantasmer, puisqu'il n'a lieu
que dans le masochisme. La lectrice de l'Enfer est en confiance avec
Dante et Virgile, deux mecs et virils et chastes, disons tout-court des
impuissants, testicules obstrues. Jeu merveilleux de jupettes de
gladiateur. Ouais, l'Enfer, c'est beaucoup mieux, nous avons lu
ensemble le Paradis juste en ouvre-bouche. Evidemment le Purgatoire
les femmes que j'ai connu, toutes font la meme chose, 5 a n'existe pas,
on zappe.
Le Matriarcat de l'Eglise, celui de la Medecine...
Preuve premiere
Le Dracula de B . Stoker, encore :
DR SEWARD'S DIARY
5 June. - The case of Renfield grows more interesting the more I get to
understand the man. He has certain qualities very largely developed :
selfishness, secrecy, and purpose. I wish I could get at what is the
object of the latter. He seems to have some settled scheme of his own.
but what it is I do not yet know. His redeeming quality is a love of
animals, though, indeed, he has such curious turns in it that I
sometimes imagine he is only abnormally cruel. His pets are of odd
sorts, (pensons a la plasticite - destructrice ? - des mises en abime
dantesques) Just now his hobby is catching hies, (nous sommes
ramenes au "hobby horse" d'un autre roman, le Tristram Shandy) He
has at present such a quantity that I have had myself to expostulate.
(...)
Preuve seconde
The Naked Lunch, de W. Burroughs :
"The case of a female agent who forgot her real identity and merged
with her cover story - she is still a fricteuse in Annexia - put me in
another gimmick. An agent is trained to deny his agent identity by
asserting his cover story. So why not use psychic jiu-jitsu and go
along with him? Suggest that his cover story is his identity and that he
has no other. His agent identity becomes unconscious, that is, out of
his control; and you can dig it with drugs and hypnosis. You can make
a square heterosex queer with this angle... that is, reinforce and second
his rejection of normally latent homosexual trends - at the same time
depriving him from cunt and subjecting him to homosex stimulation.
(...) Many subjects are vulnerable to sexual humiliation. Nackedness,
stimulation with aphrodisiacs, constant supervision to embarrass
subject and prevent relief of masturbation (erections during sleep
automatically turn on an enormous vibrating electric buzzer that
throws the subject out of bed into cold water, thus reducing the
incidence of wet dreams to a minimum) . Kicks to hypnotize a priest
and tell him he is about to consummate the union with the Lamb - then
steer a randy old sheep up his ass."
Bah, bah, je n'ai pas ecrit le paragraphe precedent...
Je n'ai pas parle de psychanalyse la-dedans... "compulsive free-
association in two hours sessions"... du terre a terre, de la bouteille...
Alors, mon cher Botticelli, d'ou vient ce changement ? Toi qui as peint
Venus nue et puis tu l'as faite habillee ? Tu te souviens de Goya et les
deux Majas (" vestida " et " desnuda ") dont on dit qu'elles sont d'apres
pose de la Duchesse d'Alba ? II n'est pas devenu chretien, l'espagnol,
ni lui, ni Picasso. Pourquoi tu passes aux rangs de la chretiente, toi et
plus tard le camarade japonais de l'Ecole de Paris, notre cher Foujita ?
Je te connais, mon vieux, tu n'as pas change. Tu restes un des notres...
Beatrice dans tes planches est une autre Venus, une autre Simonetta
Vespucci (la petite cochonne)... frigide, tu dis ? ga doit f arranger, a
ton age... Tu dessines, tu dessines des projets megalomanes pour
empecher le Reel, meme topo qu'avant... tu n'as pas change.
Je peux fournir une troisieme preuve ? Si deja Naked Lunch l'on se
RépondreSupprimerdoit de l'avoir a l'etagere, mais surtout pas rentrer dedans ou en
raconter la fin, la fin, la finesse de l'histoire... alors, le livre suivant est
labelle en France, "a consommer avec moderation", sinon "etes vous
sur de vouloir avoir ce livre ? » (litteralement depuis plusieurs
vendeurs consultes oralement et par courrier). Mais il faut parler de
l'Enfer, n'est-ce pas ?
Troisieme preuve
Shivitti, a vision, de Ka-Tzetnik 135633 :
THE DOCTOR’S WORD
"...(Yehiel De-Nur) gives us an impressive description, on a conscious
as well as an unconscious level, of the mind of a man who narrowly
escaped death at Auschwitz. (...) Yehiel De-Nur did not want to
undergo this treatment, wich he feared greatly (...) I make it clear to
my patients that the treatment I offer involves reliving the inferno of
their trauma (...) difference:this time they will not go it alone in hell.
(si l'on prend compte que, dans ce livre, la Medecine, qu'on comparait
(ailleurs) au Matriarcat de l'Eglise, n'est pas "tres catholique", le
traitement consistant a injecter du LSD pendant les seances, la
question reste tres proche de la "vie future" pour laquelle je mettais
l'accent sur l'ideologie thomiste de la Divine Comedie... et surtout la
fonction de Virgile, le guide... on continue...)
"In words that could not be improved, Ka-Tzetnik 135633 has
descrived his existence in hell - in that near-death proximity to Satan,
but also to God. He does not systematically quote all the conversations
recorded on the tapes he took away with him, but with great skill
conveys their essence in word and image, and in a way so expressive
and imaginative that the reader must realize what this human beeing
experienced during the death-years (...) How touching that moment
when, ten years later, concluding his self-treatment with the writting
of this book, he phoned his wife two oceans away crying, "Nike, it's
happened. It's happened, Nike."
Bref... CQFD en egard de Virgile, puisqu'il est seconde d'une
Beatrice... sa jeune femme et traductrice du manuscrit hebreux en
best-seller anglo- saxon... mais il faudrait mieux se pencher sur les
deplacements operes entre la "vie future" en entonnoir moyen-ageux
et les romans sur Auschwitz de Ka-Tzetnik, depuis Salamandre - pour
laquelle je peux pas dire, puisque je ne l'ai pas trouvee -, en passant
par les Feld-Hure de House of Dolls, l'horreur extreme de Moni, les
pensees et souvenirs (ainsi que les faits horribles) de Sunrise over
Hell, jusqu'au livre proprement conclusif et therapeutique, mais aussi
la plus haute "vision" qui nous rappelle notre sujet Dante, qui est
contenue dans Shivitti. II semblerait que l'etalage d'hypotheses
imagees n'est pas l'apanage de l'avenir d'outre-tombe, mais, par
f intermediate du traumatique, concernent la prise de conscience sur
l'Histoire elle-meme, dans sa consommation et sa "fin" a Auschwitz...
En tout cas, d'autres questions soulevees par les trois "preuves", je suis
en train d'essayer de les decliner pendant que vous lisez ce "chapitre".
Abien-tot, done...